15/08/19

Jour de l’Assomption. À force d’enchaîner les nuits blanches, je profite de cette journée pour annuler mes sorties et me reposer, ce qui est un bien grand mot : je suis juste incapable de rester inactive. Je désigne le temps comme ennemi et responsable de mes insomnies et de certains maux. Il me fuit et ma vie est une perpétuelle course contre la montre. S’il y a bien quelque chose que je déteste, c’est de perdre mon temps, chaque perte est une occasion ratée d’accomplir quelque chose et le temps n’est pas rattrapable. Je n’arrête pas de me dire que j’ai besoin de repos, tout comme mes proches et mes médecins. Cependant, quand j’arrive à trouver du temps pour moi et m’efforce à me reposer, je culpabilise de ne rien faire de constructif. Je ressens le besoin de travailler, avancer, progresser, faire un pas de plus dans ma vie pour la rendre chaque jour un peu plus meilleure. Je me suis donc installée dans un cercle vicieux, et ne trouve pas la brèche. Est-ce le temps mon ennemi ? Non. C’est moi, qui repense sans arrêt à des événements passés et qui me bat pour m’octroyer un futur, sans passer par la case présent.

Ma neurologue a cité l’hyperactivité en parlant de mon cas. Sur le coup, j’ai pris cela comme une parole en l’air, les médecins ne m’ont jamais diagnostiqué ce trouble. Il est vrai que je souffre d’un manque d’attention, que je suis anxieuse et que je suis incapable de tenir en place, mais est-ce suffisant pour me décrire comme hyperactive ? Voilà une question à poser lors de ma prochaine consultation. Si ce trouble m’est dépisté, on pourrait dire qu’entre l’hyperactivité, la méningite bactérienne et l’épilepsie, j’aurais fait un joli tour des maladies neuro, non ? A seulement 21 ans. Qui est la suivante ? L’AVC ?

Voyant que ma journée détente est à nouveau un échec, je décide de bosser mes cours de l’an passé, effectuer des changements administratifs et réorganiser tous mes documents et dossiers, suite à mon emménagement dans mon premier appartement. En rangeant mes affaires, je tombe sur une plaque et des flots obtenus lors de mes compétitions équestres. Je décide de les mettre de côté et m’en servirai peut-être pour décorer ma chambre, une fois que celle-ci sera entièrement meublée. Revoir ces récompenses est l’occasion pour moi de me remémorer quelques souvenirs…

10/02/19

C’est sous un soleil timide que je me rends au centre équestre où se déroulera le concours de saut d’obstacles pour les Galops 2 à 4. Je connais bien les installations, c’est là que j’ai débuté l’équitation et que je monte chaque semaine depuis presque un an. C’est en tant que Galop 2 que je me présente à mon tout premier concours équestre. Il est non officiel. Je n’ai jamais vu autant de voitures sur le parking. Avant de préparer ma jument, je retrouve des cavaliers au club house. J’adore l’ambiance bon enfant qui s’y est installée : tout le monde discute, rit, blague… Le stress me guette lors de la détente, et monte d’un cran lors de la reconnaissance de parcours. Celui-ci n’est pas bien difficile et je n’ai pas peur de chuter, ni de faire face à un refus, encore moins de faire tomber une barre. Ce qui m’effraie, c’est mon incroyable incapacité à mémoriser quoique ce soit. Cette peur m’empêche de me concentrer sur le parcours et sur les derniers conseils de la monitrice. Je décide donc de refaire le parcours à pied une dernière fois, avant que la cloche ne sonne. Je laisse place à la première concurrente. Parcours sans faute, 1 min 27 s. La seconde passe. Chrono rallongé. Les premiers passages me permettent de répéter mentalement le parcours. Ça y est, je le connais par cœur. Me voilà rassurée et sûre de moi. Je m’éloigne de la carrière afin de rester près de la jument avec laquelle je vais concourir. Ayant souvent travaillé avec elle, je l’adore et j’ai confiance en elle, même si elle est réputée pour ne pas être très commode. Notre tour arrive. Je me place devant le jury. Je sais que je dois saluer, mais je ne le fais pas. Aïe, finalement le stress ne m’a pas quitté et me joue déjà des mauvais tours. L’adrénaline monte. Le son du galop sur la carrière trempée m’annonce que ma partenaire a senti mon énergie. Nous franchissons le premier obstacle, puis le second, le troisième… Je sens ma jument légère, libérée, attentive. C’est bon signe. Déstabilisée par la vitesse de son galop, je n’anticipe pas le cinquième obstacle. Je m’éloigne de mon tracé et fait une volt pour me remettre dessus. Aïe, je sens que cette manœuvre va me coûter chère. Étonnamment, je ne me démonte pas et me prépare à sauter le numéro cinq. Je n’ai jamais sauté un obstacle de cette hauteur et me retrouve déséquilibrée. C’est tranquillement que nous enchaînons les autres obstacles et terminons le parcours. La voix du commentateur retentit. 4 pts de pénalité. 1 min 27 s au chrono, le même temps que celui de la première cavalière. La monitrice me félicite pour ce premier parcours, ainsi que des cavalières plus expérimentées qui expriment leur étonnement face à la rapidité et au rythme du galop de la jument. C’est vers elle je me tourne afin de l’embrasser et l’enlacer. Je la remercie pour cette première expérience qu’elle a su m’offrir. On annonce les résultats : malgré mon chrono qui aurait pu, je pense, me placer environ cinquième, je termine à la seizième place du classement, sur dix-huit ou dix-neuf concurrentes. Ceci ne ternie cependant pas ma joie d’être là et je suis contente de cette première fois. Avant de quitter le club, je récompense ma jument d’un jour avec une carotte et une pomme bien méritées. C’est le sourire aux lèvres que je retourne dans ma petite chambre d’étudiante, je sais que je vais bien dormir ce soir.

Amy C.

14/08/19

Je me réveille vers 1 heure du matin. Impossible de fermer l’œil. Je désactive le mode « avion » de mon téléphone et commence à écouter des chansons de la série Grand Galop, ce qui me replonge dans mes souvenirs d’enfance. Cela doit faire bien dix ans que je n’ai pas réécouté la playlist. Fan de la série et de ses chansons, je me revois assise sur l’un des poufs du salon le samedi soir, près de la grande télé. J’étais toujours au rendez-vous pour ne manquer aucun épisode du programme de Gulli, au grand dam de ma mère. Celle-ci changeait parfois de chaîne quand elle en avait marre et pour suivre les infos sur différentes chaînes du câble. Ceci me rendait bien malheureuse. Les jours où je ne me disputais pas avec mes frères, ils me laissaient regarder mon programme favori sur leur télé. Il faut dire que j’embêtais toute la famille avec Grand Galop : je chantais les chansons à tue- tête dès que je rentrais du collège, squattais l’ordinateur familial pour regarder des vidéos et mettre le son au maximum, suppliais ma mère pour acheter les produits dérivés…

Aujourd’hui, c’est d’une autre façon que j’ennuie mes proches : maintenant que j’ai obtenu l’autorisation médicale pour pratiquer le sport qui me passionne depuis toute gamine, je monte sans compter, ce qui les inquiète. Chute, accident, perte de vue, crise épileptique… Voici le champ lexical utilisé pour justifier leur peur. Cependant, même si je refuse de laisser cette peur m’envahir, je ne peux faire l’autruche : un choc peut provoquer chez moi un décollement de rétine (donc cécité) tandis qu’une crise peut me faire chuter. Épileptique et déficiente visuelle, il n’est pas étonnant que je suscite de l’inquiétude.

Pourquoi suis-je passionnée par les chevaux ? Je ne saurai l’expliquer. Je sais que j’étais très jeune quand j’ai commencé à m’intéresser au monde de l’équitation, et que je regardais plusieurs séries, films et dessins animés sur ce thème. Devrais-je poser la question à ma mère ? Encore faut-il que j’arrive à renouer le dialogue avec elle… Jusqu’à mes 20 ans, je ne vivais cette passion que par procuration. J’adorais m’inventer et écrire des histoires à ce sujet. Un jour, alors que j’entamais mes études en masso-kinésithérapie, l’un de mes professeurs me propose de monter à cheval avec un moniteur sensibilisé à la déficience visuelle. C’est là que je rencontre Julien et que l’aventure commence.

Amy C.

13/08/19 (Hommage à Iona Sclater)

Enfin une journée paisible. Je me lève un peu plus tard que d’habitude et vaque à mes occupations : course, rangement, visionnage de vidéos YouTube… Bref, ma journée type de repos. En consultant mon fil d’actualité Facebook, je tombe sur une publication annonçant le décès récent d’une jeune cavalière britannique, Iona Sclater. C’est avec une certaine appréhension que je me dirige vers la page du journal équestre GrandPrix. Là, s’affiche sur mon écran la photo d’une jeune fille en plein parcours de cross. La première chose que je remarque c’est son sourire. Fauchée en pleine jeunesse, cette adolescente de 15 ans est tuée par sa passion, par ce qui la rendait heureuse. Je pense à la douleur que doivent ressentir ses proches. Parmi eux, il y avait sans doute des personnes qui l’encourageaient (elle était l’un des espoirs du complet britannique) et d’autres, qui peut-être, la mettaient en garde contre les risques de la pratique du sport équestre. Selon British Eventing, Iona était « exceptionnellement talentueuse et dévouée ». Je ne la connaissais pas, mais je pense ne pas me tromper quand j’affirme que sa passion et son courage l’ont menée à faire des exploits dans sa discipline et qu’elle ne reculait pas devant la difficulté, et ce malgré les risques encourus. Bravo championne, repose en paix.

Amy C.

10/08/19

Mon amie et moi sommes de retour en région parisienne avant le levé du soleil. Nous passons à l’aéroport afin de récupérer une navette qui nous emmènera à une gare RER. Cela fait plusieurs années que je n’ai pas mis les pieds dans un aéroport. Je m’abandonne à la rêverie en m’imaginant partir à l’étranger pour une séance d’équitation ou un concours. Ceci me rappelle un rêve que j’ai fait il y a plusieurs semaines : dans ce rêve, j’attendais un avion et étais entourée d’un groupe de personnes. Je possédais une grande valise en aluminium (que je n’ai pas dans la vie réelle) qui était ouverte à même le sol. Accroupie, j’organisais frénétiquement mes affaires et je pense que j’étais déjà habillée en tenue de concours.

Ce rêve reflète bien ma personnalité : j’aime l’ordre et l’organisation, ce qui expliquerait le rangement de la valise. La frénésie et le fait que je sois en tenue de concours avant même d’arriver à destination correspondraient à de la nervosité et à un certain stress d’être en retard. En ce qui concerne le groupe, il était composé d’amis ou camarades qui essayaient de me rassurer, ce qui peut faire écho au soutien que m’ont apporté certaines personnes, alors que je traversais un événement difficile vers la fin de mes partiels. Dans ce groupe, se trouvaient au dernier plan des personnes que j’apprécie moins ou que je connais peu. Est-ce une référence à mon besoin de reconnaissance ?

Le décor du RER me fait revenir à la réalité et me rappelle que mes vacances sont terminées. En effet, ma rentrée scolaire arrive dans quelques jours. J’ai l’habitude d’emprunter cette ligne du RER tous les samedis pour mes reprises quotidiennes durant l’année scolaire. Malheureusement, je ne ressens pas autant d’excitation qu’avec Julien à l’idée de reprendre les cours d’équitation dans mon écurie habituelle. J’aime ce centre équestre, surtout ses chevaux qui me mettent en confiance, ainsi que la monitrice de mon niveau que j’apprécie beaucoup. Cependant, je me sens moins à l’aise avec d’autres moniteurs. Je ne vais pas en aborder la raison aujourd’hui.

Arrivée dans mon appartement, je fais le bilan de mon séjour à Arcachon et de mes vacances d’été. Ma situation actuelle due à l’événement cité plus haut m’a obligée à limiter mes déplacements en dehors de ma région natale. Je la quittais uniquement pour les stages que m’avait proposés Julien. Initialement, je ne pouvais pas assister au premier qui a eu lieu près de Bourges en juillet (je pense qu’il était réservé aux personnes qui montent moins régulièrement). Je m’estime heureuse d’avoir eu finalement la possibilité de m’y rendre, suite au désistement d’un participant. Ce stage a signé ma « renaissance » en selle, suite au traumatisme d’une chute provoquée par ma maladie. C’est durant ce stage que Julien m’avait annoncé qu’il ne pouvait pas travailler avec moi en août comme cela était prévu, dans son haras. Il m’avait expliqué qu’il devait remplacer un moniteur d’un club près de Bordeaux et que je pouvais y monter à cheval si j’avais prévu d’y passer des vacances. Je me souviens avoir pris ses mots pour une plaisanterie et avoir répondu que je ne comptais pas m’y rendre. C’est l’un des premiers cavaliers de Julien, qui, ayant écouté notre conversation, m’avait expliqué qu’il était sérieux et que je devrais y aller. Dans le doute, j’ai recontacté Julien deux semaines plus tard, en prétextant que j’avais finalement décidé d’y passer quelques jours. Vous connaissez la suite.

Amy C.

09/08/19

Je me réveille pour la dernière fois sous le soleil de la Côte sud-ouest et me prépare donc pour ma dernière séance d’équitation estivale. Je quitte la chambre discrètement, afin de ne pas réveiller mon amie. En attendant Julien devant l’hôtel, je repense à son retard de quarante minutes la veille. J’avais fini par m’asseoir sur le bord d’un trottoir et n’avais que ma bombe pour me tenir compagnie. Cette image de moi en tenue d’équitation, ma bombe sur les genoux et sans aucune autre affaire illustre bien mon état d’esprit : l’équitation est l’unique élément qui me fait vibrer et rêver, m’évade de la réalité et est le sport pour lequel je suis prête à chambouler plusieurs aspects de ma vie. Je me souviens même être allée à l’encontre de contre-indications médicales, il y a quelques temps, juste pour le plaisir de monter et m’amuser avec les chevaux. Je sais que ce n’est pas bien intelligent comme comportement et que cela peut paraître puérile, mais je me permets de privilégier ma santé mentale que celle physique quand cela m’est possible.

Aujourd’hui, Julien vient me récupérer avec moins de retard. Pour cela, je ne pourrais jamais en vouloir à cette personne extrêmement bienveillante envers moi et ses autres cavaliers. Pour moi, il est bien plus qu’un moniteur, c’est un ami qui, à travers les séances, m’apprend à mieux me connaître, à avoir une meilleure estime de moi et révèle certains aspects de ma personnalité, allant même jusqu’à m’aider à comprendre mon « addiction » pour l’équitation.

Dans la carrière, je réitère l’exercice de la veille, cette fois-ci avec un cheval avec lequel je n’ai pas encore travaillé. C’est de loin le plus haut équidé que je n’ai jamais monté. Qu’est-ce qu’il est beau et majestueux ! Pendant que je me laisse impressionner par cette monture, Julien se concentre sur deux autres cavalières. Durant mes temps de pause, je m’arrête et l’écoute enseigner sa façon de monter. Cela fait près d’un an et demi que je le connais et que j’entends ses mêmes paroles. Je ne m’en lasse pas : son enseignement est beau, respectueux et éthique, faisant toujours placer au premier plan le bien-être animal et son plaisir. Il partage des valeurs que j’ai tout de suite adoptées. Je ne pense pas que je serais aussi amoureuse de l’équitation si j’avais commencé ce sport avec un moniteur plus « traditionnel ». Les cours avec Julien sont précieux et malheureusement, je n’ai pas la chance d’y assister de façon hebdomadaire. Nous nous reverrons qu’en octobre, à l’occasion de mon premier concours dans son club.

C’est avec un petit pincement au cœur que je quitte l’écurie, ses chevaux et Julien. Je reprends mes cours dans mon centre habituel en octobre. Je crois que le mois de septembre sera long…
Mon amie et moi terminons notre séjour sur la magnifique vue que nous offre le sommet de la dune du Pilat. Nous arriverons à Paris le lendemain au petit matin. Retour au statu quo.

Amy C.

08/08/19

Je commence la journée avec une visite en bâteau du bassin d’Arcachon. Malgré le beau temps, la magnifique vue et les commentaires enjoués du guide, je ne cesse de penser à ce qui m’attend en fin de journée. En effet, la veille, Julien* m’avait proposé de reprendre les enchaînements d’obstacles. Je n’avais pas fait cet exercice depuis des mois avec lui. Ce travail ne m’effraie plus. Cependant, j’ai une nouvelle peur, celle de ne pas être capable de retenir un parcours. En effet, je me suis rendue compte de cette difficulté lors de cours et de mon premier CSO dans le centre équestre où je monte régulièrement. Je sais que j’ai toujours eu du mal à retenir un itinéraire et à m’orienter dans l’espace. Cependant, je ne pensais pas que ce souci m’empêcherait d’atteindre l’une des premières places du concours : en effet, malgré un joli chrono, je me retrouve vers le bas du classement pour une volt effectuée afin de corriger mon parcours (j’ai donc reçu des points de pénalités).

Je ne peux donc m’empêcher de penser à cet « handicap » quand mon moniteur me présente les obstacles. Il a vite compris que la technique n’était pas ma difficulté. Il s’amuse donc à changer plusieurs fois le parcours pour m’exercer à cette gymnastique de l’esprit. Je laisse rapidement la peur de me tromper et de décevoir le coach m’envahir. Je perds ma concentration, la séance se rallonge. Au coucher du soleil, elle se termine enfin. Je suis déçue de moi, mais surtout je m’en veux de faire bosser la jument plus longtemps que prévue. Observant mon attitude, Julien m’explique que mon cerveau est « comme un enfant auquel on n’aurait sans cesse dit qu’il était dernier de la classe et qui finit délinquant alors qu’il aurait pu être quelqu’un de bien ». À ce moment là, je sens mes yeux s’embuer de larmes. J’ai tellement envie de lui dire que son exemple est malheureusement vrai, que j’ai été une enfant qui a vécu des choses qu’un enfant ne devrait pas connaître. J’en garde des séquelles qui m’handicapent dans tous ce que j’entreprends. Je suis d’accord avec lui, me rabaisser ne m’aidera pas à m’améliorer, mais comment agir autrement quand c’est ce qu’on m’a appris à faire depuis l’enfance ?

Amy C.

*Moniteur, prénom modifié

07/08/19

Deuxième jour à Arcachon. J’alterne entre visites de lieux touristiques et séances au club. Je retrouve les chevaux de la veille et rencontre les mêmes difficultés avec la seconde jument (au bon désarroi du moniteur). Ces difficultés sont, malgré tout, une source de motivation pour m’améliorer lors de la deuxième session de la journée. J’ai ainsi pu progresser avec la première jument rencontrée la veille, finissant de nouveau la journée sur une bonne note : le bon déroulé de la séance confirme la reprise de confiance en moi durant le saut.

Confiance en soi, confiance en notre partenaire, confiance en notre couple sont les maîtres mots pour dérouler une belle reprise. J’ai perdu ces atouts après une chute, qui a eu lieu il y a presqu’un an. La cause n’est due à un déséquilibre ou à un comportement soudain du cheval, mais à une maladie chronique, l’épilepsie. Cette chute m’a permis de diagnostiquer la maladie et de commencer un traitement approprié. Cependant, les épileptiques ne sont jamais à l’abri d’une crise qui peut survenir à n’importe quel moment. Une crise a provoqué la chute, juste après un saut. Suite à cet événement traumatisant, j’étais parfois incapable de sauter. Ceci ne m’a cependant pas empêché de me présenter à  mon premier CSO. Heureusement, je n’ai jamais perdu ma motivation. Oui, j’ai mis plusieurs mois à surmonter la peur de la survenue d’une crise lors d’un saut, mais je suis fière du travail mental que j’ai effectué sur moi-même. Pour moi, l’équitation n’est pas juste un loisir qui me permet de me vider la tête : c’est un sport qui, au-delà du travail physique, me permet de lutter contre les démons intérieurs qui me hantent depuis l’enfance.

Amy C.

06/08/19

Course contre la montre, sac qui craque, animal sur les rails, averse… Les galères s’enchaînent depuis hier soir. Cependant, il nous en faut plus pour nous décourager, j’ai toujours gardé ma surexcitation de la veille. Mon amie et moi sommes abonnées aux incidents de dernières minutes, je sais que nous allons en rencontrer d’autres durant ce séjour à Arcachon. Surexcitée, mais fatiguée : impossible de fermer l’œil dans un trajet de nuit quand un groupe d’ados rient aux éclats d’un côté et que de l’autre nous trouvons des ronfleurs de compétitions.

C’est avec enthousiasme que je retrouve mon moniteur en début d’après-midi pour commencer notre semaine équestre. Je découvre ainsi un nouveau centre et rencontre de nouveaux chevaux. Je m’entends bien avec la première jument. Vive, réactive, alerte, elle est un bonheur pour un cavalier de petit niveau. Je ne peux pas dire de même pour la deuxième : ayant du mal à capter son attention et à réagir, j’ai clairement l’impression d’être un paquet qu’elle transporte. Cependant, je prends cette situation comme un défi et considère qu’elle est un mal pour un bien : la jument m’apprends à m organiser autrement, à faire plus attention à mes actions et à être plus attentive.

La journée se termine sur les compliments du moniteur pour mes progrès durant cet été, après un « passage à vide » (selon ses dires). Mon amie est également ravie de son après-midi, elle a su vaincre ses appréhensions vis-à-vis de l’animal et de l’équitation.

Épuisée par cette séance de quatre heures et par le long voyage, je m’endors avec le sentiment du travail bien fait.

Amy C.

05/08/19

1 an, 4 mois et 25 jours. Voilà 1 an et demi que je brosse, cure, selle et monte des chevaux. On n’oublie pas une première fois, surtout quand celle-ci change une vie. Elle nous explique la signification des mots « passion », « amour », « rêve » et « sérénité ». Je ne cesse de me remémorer la journée où j’ai découvert l’équitation. J’ai des choses à dire, beaucoup trop pour raconter cette journée ce soir.

Il est vrai qu’actuellement j’ai mieux à faire : je m’apprête à partir pour Arcachon. Je n’avais pas prévu ce voyage, ce n’est que quelques semaines auparavant que j’ai décidé de prendre des billets SNCF et réserver une chambre d’hôtel pour 3 nuits. J’ai également pris soin d’embarquer avec moi ma meilleure amie, qui a accepté de sacrifier nos vacances prévues à Monaco pour me permettre de monter à cheval en août, avec mon moniteur favori. Il s’agit également là d’une longue histoire, je ne vais pas m’y attarder pour le moment.

Mon addiction à l’équitation me rend incapable de patienter et monter à plus de trois semaines d’intervalle, quitte à chambouler mon organisation et mes plans. Ce sport fait maintenant partie de ma vie et de mes priorités. Il ne s’agit pas d’un caprice, mais d’un réel besoin, voire d’une nécessité. Les chevaux ont changé ma vie, et moi toute entière, ce qui m’amène à effectuer ce soir un voyage de dix heures en autocar et TER et à suivre mon moniteur dans toute la France.

Que dire de ma meilleure amie ? Je ne pouvais pas mieux tomber : qui serait prêt à troquer une destination de rêve contre des vacances à passer dans du crottin ? Nous nous voyons rarement dans l’année, inutile de préciser que je suis surexcitée à l’idée de partir avec elle, peu importe où et comment. Elle a déjà fait du cheval, mais je compte sur l’énergie débordante de mon moniteur pour qu’elle soit aussi amoureuse que moi du sport équestre. Je voudrais tellement monter à cheval la journée entière durant ces quatre prochains jours. Cependant, il est hors de question de lui gâcher les vacances. Nous garderons du temps libre pour jouer aux touristes et repartir pleines de souvenir.

Amy C.