07/08/19

Deuxième jour à Arcachon. J’alterne entre visites de lieux touristiques et séances au club. Je retrouve les chevaux de la veille et rencontre les mêmes difficultés avec la seconde jument (au bon désarroi du moniteur). Ces difficultés sont, malgré tout, une source de motivation pour m’améliorer lors de la deuxième session de la journée. J’ai ainsi pu progresser avec la première jument rencontrée la veille, finissant de nouveau la journée sur une bonne note : le bon déroulé de la séance confirme la reprise de confiance en moi durant le saut.

Confiance en soi, confiance en notre partenaire, confiance en notre couple sont les maîtres mots pour dérouler une belle reprise. J’ai perdu ces atouts après une chute, qui a eu lieu il y a presqu’un an. La cause n’est due à un déséquilibre ou à un comportement soudain du cheval, mais à une maladie chronique, l’épilepsie. Cette chute m’a permis de diagnostiquer la maladie et de commencer un traitement approprié. Cependant, les épileptiques ne sont jamais à l’abri d’une crise qui peut survenir à n’importe quel moment. Une crise a provoqué la chute, juste après un saut. Suite à cet événement traumatisant, j’étais parfois incapable de sauter. Ceci ne m’a cependant pas empêché de me présenter à  mon premier CSO. Heureusement, je n’ai jamais perdu ma motivation. Oui, j’ai mis plusieurs mois à surmonter la peur de la survenue d’une crise lors d’un saut, mais je suis fière du travail mental que j’ai effectué sur moi-même. Pour moi, l’équitation n’est pas juste un loisir qui me permet de me vider la tête : c’est un sport qui, au-delà du travail physique, me permet de lutter contre les démons intérieurs qui me hantent depuis l’enfance.

Amy C.

06/08/19

Course contre la montre, sac qui craque, animal sur les rails, averse… Les galères s’enchaînent depuis hier soir. Cependant, il nous en faut plus pour nous décourager, j’ai toujours gardé ma surexcitation de la veille. Mon amie et moi sommes abonnées aux incidents de dernières minutes, je sais que nous allons en rencontrer d’autres durant ce séjour à Arcachon. Surexcitée, mais fatiguée : impossible de fermer l’œil dans un trajet de nuit quand un groupe d’ados rient aux éclats d’un côté et que de l’autre nous trouvons des ronfleurs de compétitions.

C’est avec enthousiasme que je retrouve mon moniteur en début d’après-midi pour commencer notre semaine équestre. Je découvre ainsi un nouveau centre et rencontre de nouveaux chevaux. Je m’entends bien avec la première jument. Vive, réactive, alerte, elle est un bonheur pour un cavalier de petit niveau. Je ne peux pas dire de même pour la deuxième : ayant du mal à capter son attention et à réagir, j’ai clairement l’impression d’être un paquet qu’elle transporte. Cependant, je prends cette situation comme un défi et considère qu’elle est un mal pour un bien : la jument m’apprends à m organiser autrement, à faire plus attention à mes actions et à être plus attentive.

La journée se termine sur les compliments du moniteur pour mes progrès durant cet été, après un « passage à vide » (selon ses dires). Mon amie est également ravie de son après-midi, elle a su vaincre ses appréhensions vis-à-vis de l’animal et de l’équitation.

Épuisée par cette séance de quatre heures et par le long voyage, je m’endors avec le sentiment du travail bien fait.

Amy C.

05/08/19

1 an, 4 mois et 25 jours. Voilà 1 an et demi que je brosse, cure, selle et monte des chevaux. On n’oublie pas une première fois, surtout quand celle-ci change une vie. Elle nous explique la signification des mots « passion », « amour », « rêve » et « sérénité ». Je ne cesse de me remémorer la journée où j’ai découvert l’équitation. J’ai des choses à dire, beaucoup trop pour raconter cette journée ce soir.

Il est vrai qu’actuellement j’ai mieux à faire : je m’apprête à partir pour Arcachon. Je n’avais pas prévu ce voyage, ce n’est que quelques semaines auparavant que j’ai décidé de prendre des billets SNCF et réserver une chambre d’hôtel pour 3 nuits. J’ai également pris soin d’embarquer avec moi ma meilleure amie, qui a accepté de sacrifier nos vacances prévues à Monaco pour me permettre de monter à cheval en août, avec mon moniteur favori. Il s’agit également là d’une longue histoire, je ne vais pas m’y attarder pour le moment.

Mon addiction à l’équitation me rend incapable de patienter et monter à plus de trois semaines d’intervalle, quitte à chambouler mon organisation et mes plans. Ce sport fait maintenant partie de ma vie et de mes priorités. Il ne s’agit pas d’un caprice, mais d’un réel besoin, voire d’une nécessité. Les chevaux ont changé ma vie, et moi toute entière, ce qui m’amène à effectuer ce soir un voyage de dix heures en autocar et TER et à suivre mon moniteur dans toute la France.

Que dire de ma meilleure amie ? Je ne pouvais pas mieux tomber : qui serait prêt à troquer une destination de rêve contre des vacances à passer dans du crottin ? Nous nous voyons rarement dans l’année, inutile de préciser que je suis surexcitée à l’idée de partir avec elle, peu importe où et comment. Elle a déjà fait du cheval, mais je compte sur l’énergie débordante de mon moniteur pour qu’elle soit aussi amoureuse que moi du sport équestre. Je voudrais tellement monter à cheval la journée entière durant ces quatre prochains jours. Cependant, il est hors de question de lui gâcher les vacances. Nous garderons du temps libre pour jouer aux touristes et repartir pleines de souvenir.

Amy C.